Presse

Par Marie-Pia Rieublanc

Et si l’oeuvre de Rabelais n’était autre qu’un grand festin, auquel seraient conviés petits et grands ? A peine installés, les spectateurs se retrouvent à table avec des géants. Le vin et la nourriture abondent et chaque bouchée de pain équivaut à une dizaine de perdrix, ou autre pesant délice. L’occasion de célébrer la vie, ses plaisirs, ses excès, sous une musique entraînante. Et surtout sans complexe. Un mot que Gargantua, Pantagruel, Panurge et ses amis ne connaissent pas : entre deux repas, ils se plaisent à exhiber leur graisse et admirer leurs protubérances dans une danse et des tenues grotesques. Le spectacle est hilarant, servi par des acteurs plus extravertis les uns que les autres, qui transmettent leur joie de vivre au public. Le tout sous l’égide du narrateur Alcofribas qui, tel un prestidigitateur, fait apparaître sous nos yeux quelques passages de la fabuleuse existence de Pantagruel et la place sous le signe de l’onirisme. Car le monde des géants invite aussi à rêver. Surtout celui imaginé par Laureline Collavizza, où règnent jeux de lumières, ombres chinoises, figurines et tours de magie. Pantagruel, en grandissant, est devenu une gigantesque marionnette qui domine tous ses congénères. Sous le regard ébahi des spectateurs, il engloutit des sangliers entiers, peut d’un pas passer de Paris à Montpellier et du petit doigt construire le pont du Gard ou vaincre une armée. Une mise en scène qui éveille la créativité du public et rend hommage à l’inventivité de Rabelais qui, depuis 1536, nous incite à pourfendre les codes de la société dans la joie et la bonne humeur.

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